facebook
twitter
soundcloud
instagram
youtube

Shane Freeman a chaviré, démâté, et abandonné MUSHKA.

Shane Freeman, le concurrent australien de la Golden Globe Race, a été forcé d’abandonner son voilier, MUSHKA, alors qu’il tentait de naviguer en solo autour du Cap Horn au cours du convoyage de son bateau vers Angleterre, pour se rendre au départ de la course, en 2018. Il se trouvait alors, approximativement à 300 miles des côtes chiliennes.

Shane faisait route depuis Melbourne et était en mer depuis près de 68 jours, lorsqu’il sentit le voilier chavirer violemment et démâter. Ce fut le dernier coup qui mit fin à une série de petits problèmes, le menant finalement à prendre la décision ultime et difficile d’abandonner son voilier. Shane a été récupéré par un navire chinois à proximité.
Il m’a appelé de ce navire peu de temps après avoir été secouru. Les écrits qui suivent relatent notre conversation. Shane vient tout juste de rentrer à Melbourne, heureux de retrouver sa famille et ses amis.

Les événements

Shane s’était blessé au genou quelques jours avant le chavirage. La blessure était douloureuse et la plaie noire et violette. Le jour du chavirage, les vents soufflaient de 25 à 45 noeuds.
LOG: Février 18, 0340 UTC; LAT: 51’45 « S LONG: 85’04 » W Shane a chaviré. Le vent soufflait à 35-40 noeuds Ouest/Sud Ouest … PAS une énorme houle, juste typique de l’Océan Austral. Il était à la barre toute la journée. Deux semaines auparavant, son régulateur d’allure ne fonctionnait déjà plus car le châssis de montage était plié à 40 degrés, à cause de son ancre flottante à l’arrière accrochant les montants et causant des dommages irréparables qui ne pouvaient pas être fixés en mer. Avant cela, il avait réglé le bateau pour naviguer à la voile lentement, avec juste un tourmentin, suivant un cap à 150-160 degrés en direction du Cap Horn. Les vagues avaient rempli le cockpit trois fois ce jour-là.

Il descendit dans la cockpit et s’était cuisiné un repas… Environ deux heures plus tard, il avait tout ranger dans les placards et était sur le point de se glisser dans sa couchette. Il entendit le rugissement d’une énorme vague se briser et se cramponna. Son monde a basculé dans le chaos. Il n’était pas sûr d’avoir chaviré à 360 degrés, mais d’être parti sévèrement à la renverse au moins à 140-170 degrés? Très peu d’eau a pénétré dans le cockpit.

Mais sur le pont, la section du mât s’était tout simplement effondrée, les cadènes de haubans et le gréement étaient intacts, sans rupture de câbles, d’armement, ni défaillance de fixation, mais la section du mât était coupée en deux morceaux. La partie supérieure était dans l’eau à environ 4-5 mètres du bateau encore sur câbles… la partie inférieure gisait partiellement sur le pont, avec la flèche dans l’habitacle encore retenue par l’écoute de grand-voile. Il lui fallu 5 heures pour tout nettoyer, stopper les dommages de la coque, et sauver la flèche pour un éventuel gréement de fortune. Le mât a endommagé tous les chandeliers et il ne lui restait que deux hales-bas de tangons fiables sur le pont.

Sa blessure au genou s’était aggravée, la protection du radeau de sauvetage et le radeau de sauvetage lui-même semblaient endommagés. En Australie, l’équipe à terre de Shane, a avisé toutes les autorités compétentes du Chili, qui les ont informés que deux navires étaient à proximité … Shane a continué à évaluer les différentes options restantes, le gréement de fortune, pas de régulateur d’allure, pas assez de puissance pour une utilisation efficace du pilote électrique de la barre à roue (éolienne endommagée en NZ) … et il se rendit compte que les risques augmentaient peu à peu. Après environ six heures de délibération, il conclut que la chose la plus sensée à faire, était d’accepter d’être secouru et de monter à bord d’un navire, quelques heures plus tard.

Le Chili a envoyé un avion pour confirmer sa position. S’il avait continué, il lui restait 600 milles pour rejoindre un port en naviguant le long d’une côte potentiellement dangereuse. Il s’agissait maintenant plutôt d’un abandon planifié, que d’un réel SAUVETAGE. Il a été impressionné par tout le soutien apporté pour venir le secourir. Puis, ils ont ouvert les vannes de ballastes pour couler le bateau, pendant que Shane étant en train d’évacuer le navire.

Le téléphone satellite de Shane a permis une communication efficace, et son équipe à terre à Melbourne a bien géré le déroulement de toute la procédure. Le capitaine et l’équipage du Vraquiers chinois, Frontier Ambition, ont fait un excellent travail en permettant à Shane, avec quelques difficultés, d’effectivement quitter le bateau après avoir montés quelques sacs à bord. Les Centres de coordination de sauvetages maritimes (MRCC) de la Nouvelle-Zélande et du Chili ont très bien coordonné l’évacuation.

FIN.

Au cours des quatre dernières semaines, j’ai envoyé cinq invitations aux marins intéressés qui avaient effectué une demande pour participer à la course. Actuellement, la liste d’attente est vide et nous avons un nouvel inscrit, Mark Slats, de Hollande, qui est actuellement à la recherche d’un voilier. En 2012, sa navigation solitaire autour du monde et sans escale, se fit sur une coque qui était une réplique de Mite V, celle de Sir Francis Chichester. Il a été le premier Hollandais à la réaliser.

Susie Goodall est arrivée de l’autre côté de l’Atlantique, c’est la première moitié de ses essais avant le réaménagement final.

Jean Luc VDH a effectué quelques semaines supplémentaires de son entrainement orageux et froid, à moins 5 degrés, dans l’Atlantique Nord. Il a également réalisé le test final en conditions réelles d’une alarme de navire AIS spécialement commissionnée GGR, qui sera obligatoire pour tous les concurrents. Il rapporte que cela s’est très bien déroulé et que ce sera une aide utile pour alerter les capitaines des navires à proximité, si ce navire a son radar éteint, mais son AIS branchée, ce qui est parfois le cas. Tous les voiliers de la GGR seront également équipés d’une alarme radar et d’un transpondeur.

Alors que certains participants vont bientôt annoncer leurs sponsors principaux, le français Loïc Lepage, est heureux d’annoncer qu’il a réussi à rassembler plus de 10 000 € grâce à sa campagne de financement pour l’aider à acheter l’équipement nécessaire.

Mike Smith, en Australie, est dans une course effrénée pour terminer de réaliser la structure de sa réplique du Suhaili, et pouvoir ensuite l’expédier à Cape Town, en Afrique du Sud, pour son réaménagement final, et entamer alors son convoyage à travers l’Atlantique jusqu’au Royaume-Uni. Il a maintenant terminé tous les châssis et va commencer à travailler sur la coque d’un jour à l’autre.

Mark Sinclair, en Australie du Sud, a finalement récupéré son voilier, Coconut, en un seul morceau après une reconstruction complète et le renforcement massif du design standard de son Lello 34. Maintenant, avec un rail en acier inoxydable solidement équipé tout autour de son bateau, le savoir-faire et l’expérience navale de Mark semblent évidents! Il navigue aussi souvent que possible.

Gustavo Pacheco, du Brésil, est actuellement à la recherche d’un autre Lello 34.

Aussi, la rumeur semble faire dire, qu’il pourrait y avoir un autre OE 32 sur le point de rejoindre les rangs des voiliers en course.
Tous les participants actuels, inscrits provisoirement, devront avoir des bateaux nominatifs d’ici la fin du mois de juin. Shane restera inscrit en tant que concurrent jusqu’à ce que nous ayons vents d’autres informations?

Alors que cette édition du Vendée Globe touche à sa fin avec les derniers skippers qui passent progressivement la ligne d’arrivée, des histoires épiques se racontent et se propagent. Bien que cette course se termine, l’intérêt des médias et des fans français continue de croître pour la GGR. Les éditeurs parlent de nouvelles éditions françaises du livre de la course du Golden Globe du Sunday Times et il y a plusieurs nouveaux documentaires en cours, sur le point de raconter cette aventure classique de 1968. Pas encore de news sur la date de sortie de l’épopée hollywoodienne, LE MERCY, avec Colin Firth en tant que Donald Crowhurst.

Si tout se passe comme prévu, nous espérons pouvoir annoncer officiellement le Port d’accueil de la GGR 2018 dans la prochaine Newsletter.

Don

pic
pic
pic
pic
pic
pic